Secteur régulé
Proches des populations, présentes en ville comme en milieu rural, les institutions de microfinance collectent l’épargne et accordent des crédits à des personnes souvent éloignées du système bancaire. Elles jouent un rôle central dans l’inclusion financière au Burkina Faso.
L’essentiel
Au 30 juin 2026, le secteur compte :
- 119 institutions de microfinance — 83 institutions mutualistes ou coopératives d’épargne et de crédit, 23 sociétés anonymes, 9 associations, 4 SARL ;
- 2 154 506 membres et clients ;
- 659,1 milliards de FCFA d’encours d’épargne, soit 364 553 FCFA en moyenne par membre ;
- 474,6 milliards de FCFA d’encours de crédit, soit 1 703 320 FCFA en moyenne ;
- un taux de créances en souffrance à 90 jours de 6,83 %, pour une norme fixée à 3 % au plus.
Qui régule
L’autorité de tutelle est le ministre chargé des finances, qui assure la surveillance des institutions de microfinance par la DGTCP, à travers la Direction de la surveillance et du contrôle des institutions de microfinance (DSC-IMF). Celle-ci élabore le cadre juridique, comptable et financier du secteur, contrôle l’application de la réglementation, instruit les demandes d’agrément et assure le secrétariat de la commission nationale de microfinance.
Les autres acteurs du secteur
La réglementation de la microfinance étant de portée régionale, elle relève en premier lieu de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), qui conçoit et suit les textes réglementaires, produit les statistiques du secteur et appuie les structures ministérielles dans leurs contrôles. La Commission bancaire de l’UMOA intervient dans la supervision des institutions de grande taille.
Côté promotion, l’Agence nationale de promotion de la finance inclusive (ANPFI) — née en 2024 de la fusion du FONAFI et du ST-PIF — coordonne les initiatives d’inclusion financière et veille à la protection des consommateurs de services financiers.
L’Association professionnelle des systèmes financiers décentralisés du Burkina Faso (AP/SFD-BF) fédère les institutions agréées et œuvre à la professionnalisation des acteurs.
Obtenir un agrément
Nul ne peut exercer l’activité de microfinance, ni se prévaloir de cette qualité, sans avoir été préalablement agréé par le ministre chargé des finances et inscrit sur la liste des institutions de microfinance (article 14 de la loi n° 001-2025/ALT du 13 février 2025).
La démarche comporte quatre étapes :
- adresser une demande au ministre chargé des finances, accompagnée des pièces fixées par l’instruction n° 005-06-2010 du 11 juin 2010 ;
- déposer le dossier auprès de la Direction de la surveillance et du contrôle des institutions de microfinance ;
- se faire délivrer un récépissé de dépôt, si le dossier est complet ;
- recevoir l’arrêté d’agrément, après avis conforme favorable de la BCEAO.
Deux acteurs instruisent le dossier : la DSC-IMF et la BCEAO. Le délai est de quatre mois à compter de la réception du dossier complet, et passé ce délai sans décision, l’agrément est réputé refusé.
Les conditions à remplir, et les délais
L’institution doit être constituée en société anonyme à capital fixe — jamais unipersonnelle — ou en société coopérative à capital variable, et avoir son siège social au Burkina Faso.
Elle doit disposer du capital social minimal fixé par la Banque Centrale, intégralement libéré en numéraire et en francs CFA à la date de l’agrément. L’arrêté d’agrément peut fixer un montant supérieur selon le type d’activités autorisées et les risques encourus. Les actions des sociétés anonymes sont nominatives, et un actionnaire ne peut détenir une part du capital excédant un seuil fixé par la Banque Centrale.
Une demande de pièces complémentaires suspend le délai de quatre mois ; le promoteur dispose alors d’un mois pour répondre, faute de quoi son dossier est rejeté. Une fois agréée, l’institution doit démarrer ses activités dans l’année, sous peine de retrait de l’agrément.
Les textes de référence
Loi n° 001-2025/ALT du 13 février 2025
Réglementation de la microfinance au Burkina Faso. Texte principal du secteur : il fixe les conditions d’exercice de l’activité, le régime de l’agrément, les règles de fonctionnement des institutions et les pouvoirs de l’autorité de tutelle.
Instruction n° 005-06-2010 de la BCEAO du 11 juin 2010
Éléments constitutifs du dossier de demande d’agrément des institutions de microfinance. C’est elle qui dit quelles pièces joindre à la demande.
Instruction n° 001-03-2025 de la BCEAO du 18 mars 2025
Obligations des institutions financières en matière d’organisation, de contrôle interne et de conformité. Elle remplace l’instruction n° 007-09-2017.
Les autres textes applicables
S’ajoutent au texte principal les actes uniformes de l’OHADA, la réglementation sur la monnaie et le crédit, la loi relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux, les textes sur la répression de l’usure, le traitement des comptes dormants, le crédit-bail et l’affacturage.
Lutte contre le blanchiment (LBC/FT)
Les institutions de microfinance sont assujetties au dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme : identification de la clientèle, conservation des documents, et déclaration des opérations suspectes à la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF).
Ce dispositif est fixé par la loi n° 046-2024/ALT du 30 décembre 2024 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération. La proximité des institutions de microfinance avec les populations et la forte circulation d’espèces en font un secteur particulièrement surveillé : les contrôles sur place examinent la gouvernance, la connaissance de la clientèle, la vigilance renforcée, la surveillance des opérations, la conservation des documents, les déclarations à la CENTIF, la formation du personnel et l’audit interne.
Actualités
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